Contexte d'intervention

Paupérisation croissante de la population depuis les années 60


Madagascar fait face à une misère grandissante   dans  un   contexte de crises économiques et politiques chroniques. Depuis l’indépendance de Madagascar en 1960, la croissance économique est  en retard  sur la  croissance  de la  population  et,  par  conséquent, la pauvreté a grandi de manière pratiquement constante.

Les régions Haute Matsiatra (Fianarantsoa) et Amoron’i Mania (Ambositra) figurent parmi les plus pauvres de Madagascar. Dans ces régions, selon une étude de la Banque Mondiale, la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté atteint une proportion très élevée (87,5%) avec une forte intensité de pauvreté aiguë (41,5%).


Les enfants, premières victimes du cercle vicieux de la pauvreté


Le système éducatif malgache est  lourdement affecté par la  situation économique et politique du pays ainsi que par les catastrophes naturelles. Bon nombre d’enfants ne sont  pas  scolarisés  ou connaissent  une  scolarisation  irrégulière en  raison  de  la fatigue due à la malnutrition, l’absentéisme dû aux maladies ou encore le long trajet à pieds pour rejoindre les écoles. Le non enregistrement des enfants à la naissance constitue également une cause de non scolarisation des enfants.


Analphabétisme et pauvreté fortement corrélés


Comme dans la plupart des pays en développement, la plus ou moins grande pauvreté économique des ménages apparaît comme un déterminant fort de la fréquentation scolaire.  A  Madagascar,  les  taux de  scolarisation sont  en effet  fortement corrélés  au niveau de pauvreté ou de richesse économique des ménages dans lesquels résident les enfants. Ce lien entre pauvreté et éducation se traduit par un taux d’analphabétisme des plus de 15 ans qui atteint des sommets sur ces régions, avec plus de 69,6% d’analphabètes.


Un environnement en grand danger


Parallèlement, l’environnement à Madagascar continue de se dégrader depuis des décennies. Confrontés à une pauvreté aigüe, les paysans se retrouvent dans l’incapacité de prévoir à long terme et adoptent les déforestations intempestives comme stratégie de survie. Cette déforestation laisse derrière elle des sols nus et fragiles. L’érosion qui s’ensuit est extrêmement importante et entraîne une forte dégradation des terres. La croissance démographique constitue un facteur d’aggravation sérieux pour la situation de l’environnement. En effet, le niveau de pauvreté de la population contraint les habitants à avoir recours aux ressources naturelles de façon destructrice en privilégiant le court terme au détriment d’une utilisation rationnelle qui revêt un caractère durable. De surcroit, en zones rurales, les familles utilisent encore peu les latrines et préfèrent se rendre dans la nature environnante. La proximité des eaux usées et des points d’eau utilisés par les familles provoque d’énormes problèmes de santé publique.


Des conséquences tragiques et transversales à l’ensemble des activités

Les liens étroits entre pauvreté, éducation et déforestation entrainent des conséquences tragiques et transversales à l’ensemble des activités : désintérêt pour  l’éducation de  leurs enfants,  faible  capacité à  entreprendre et  faible conscience environnementale.