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Vozama : sauvons les enfants malgaches !

Actualité Générale - 26/09/2013

Édito de Fr Claude

« Que diable allez-vous faire sur cette galère ? »


Je rentre de quelques semaines de déplacement en Europe, et voilà une question que l’on me pose souvent. Il est vrai que cela fera bientôt un demi-siècle que je suis embarqué sur la Grande Ile, et je m’y trouve toujours. Vrai aussi que, certains jours, cette question me taraude.


L’autre soir, je suis rentré chez moi à pied. A 20h, il fait déjà nuit noire sous les Tropiques. Voilà que je rencontre un de ces nombreux chariots, dignes de la préhistoire, appelés élégamment ici « calèche » et qui sillonnent sans arrêt les rues de notre ville. Une espèce de carriole très basse sur ses 4 roues de bois, cerclées de lanières en vieux pneu de camion et dirigée, par je ne sais quel stratagème ingénieux, à l’aide d’un volant de voiture. La calèche est devenue pour beaucoup le moyen de survivre. Pour le pauvre c’est le seul moyen qui reste pour gagner un bien maigre salaire, et pour les moins pauvres - mais pas assez fortunés pour payer des transports plus modernes – de quoi gagner plus décemment la leur.


La route, trouée comme une passoire, grimpait fort. La calèche sur mon chemin croulait sous un énorme chargement de sacs. Quatre femmes, un homme et deux enfants poussaient cet énorme fardeau, la tête luisante de sueur, à la lueur d’une lampe de poche. N’en pouvant plus ils firent un arrêt et j’en profitai pour les saluer et lier un brin de conversation. Ils ont chargé 30 sacs de balle de riz, destinés à entretenir le feu de fours à briques. Il leur reste une bonne heure et demie avant d’arriver à destination, pour un bien maigre butin : 1 euro ! Quelle galère…


Le lendemain matin, vers les 7 heures, prenant le même chemin, je rencontre cette fois une demi-douzaine d’hommes portant chacun sur leur tête un gros sac de charbon de bois. Ils avançaient en sautillant sur la pointe des pieds, la tête courbée en avant …le visage marqué d’une immense fatigue. Ayant quitté leur village la même nuit, vers 3h30, ils essaieront de vendre leurs sacs avant de faire le même chemin pour rentrer. Ils auront gagné… 3 euros ! La galère, encore.


Ces arrêts sur image traduisent le dramatique impact de la crise politique qui secoue le pays depuis de si longues années. C’est dans ce pays appauvri et exsangue que Vozama a choisi de dresser sa tente, jusqu’aux coins les plus reculés de brousse. Par sa présence quotidienne il apporte avant tout réconfort et espoir aux populations. L’éducation de l’enfant, sa mise sur les rails de l’école, le souci de son identité, de sa santé… l’accompagnement de ses parents, le reboisement des montagnes qu’ils habitent et, pour les plus gâtés, l’accès à l’eau potable. Autant d’éléments pour entretenir la flamme de l’espoir chez les parents et… le feu sacré dans le cœur des animateurs Vozama.

 

Adoptez une école… et le village décolle ! Pour toute question contactez-nous au 09 67 35 35 65 / 06 66 03 38 57 ou contactez-nous par mail : contact@vozama.org
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